Sommaire

Passer les vitesses sur une moto ne requiert pas de capacités particulières, mais il y a cependant quelques paramètres à prendre en compte pour éviter une détérioration ou une usure anormale des composants mécaniques. Plus une boîte est traitée délicatement, mieux elle fonctionnera et plus les rapports passeront facilement.

Voici comment passer les vitesses en moto.

Zoom sur la boîte de vitesse d'une moto

Une boîte de vitesse est constituée de deux arbres sur lesquels sont placés les pignons. L'arbre primaire est entraîné par le moteur via l'embrayage et l'arbre secondaire entraîne la roue arrière. Les boîtes de motos sont dites « à crabots non synchronisés ». Les crabots sont des pions qui vont venir s'emboîter dans des trous ou emplacements pour solidariser le pignon à l'arbre de boîte. Si sur une boîte de voiture l'opération ne pose pas de problème particulier, c'est parce que les rapports sont dits synchronisés, c'est-à-dire qu'ils sont équipés d'un système qui aligne automatiquement les crabots et les trous afin qu'ils s'emboîtent. Or, l'encombrement d'un tel système ne permet pas de l'intégrer dans une boîte de moto.

Les boîtes de vitesses des motos sont dites « séquentielles », c'est-à-dire que les rapports s'enchaînent sans qu'il soit possible de sauter une vitesse, contrairement à une boîte de voiture. Si l'on veut passer la troisième vitesse, il faut d'abord passer la seconde.

La quasi-totalité des motos possèdent le sélecteur à gauche. La première vitesse se passera en appuyant sur le sélecteur et il faudra lever le sélecteur pour passer les rapports suivants, le point mort se trouvant entre la première et la seconde. Les motos de compétition adoptent généralement un ordre inversé, donc la première se passe vers le haut et les rapports suivants en appuyant sur le sélecteur. Cette disposition facilite le passage des vitesses lorsque la moto est sur l'angle en évitant au pilote d'avoir à passer son pied sous le sélecteur qui peut se trouver très près du sol.

1. Passez la première vitesse moteur arrêté

Pour passer la première vitesse, appuyez sur le sélecteur. Si la vitesse ne passe pas, surtout ne forcez pas ! Le sélecteur agit sur des « fourchettes », pièces qui permettent le déplacement latéral des pignons. Elles ne font que quelques millimètres d'épaisseur et peuvent facilement se tordre. Si la vitesse ne passe pas, c'est parce que les crabots ne sont pas en face des trous dans lesquels ils doivent s'emboîter. Il faut donc faire tourner légèrement la roue arrière pour que les pignons s'alignent (ou déplacer légèrement la moto en avant ou en arrière). Il faudra faire de même si vous voulez passer les autres rapports. 

2. Montez les vitesses en roulant

En conduite normale, pas de difficulté pour passer les vitesses. Coupez les gaz, débrayez et imprimez le mouvement sur le sélecteur. Il peut cependant arriver que le rapport ne passe pas complètement, c'est-à-dire que le rapport précédent se désengage sans que le rapport suivant ne s'engage. On parle alors de « faux point mort », il peut y en avoir un entre chaque rapport. La cause de ces faux points morts est généralement un mouvement insuffisant du sélecteur. À chaque changement de vitesse, un pignon sera « décraboté » et un autre sera « craboté ». Ces deux opérations se sentent dans le sélecteur. Pour éviter les faux points morts, il suffit de laisser le sélecteur en contrainte lors du lâcher de l'embrayage. Si le rapport est correctement passé, on ne sentira rien, mais si au contraire le rapport n'était pas engagé, on va sentir le sélecteur bouger légèrement.

Lorsque vous voulez passer des rapports à très faible vitesse et avec un régime moteur bas, débrayez et mettez un petit coup de gaz. L'embrayage, même en position débrayée, garde une très légère friction. Le coup de gaz accélèrera légèrement l'arbre primaire de la boîte et libèrera la contrainte des crabots.

3. Rétrogradez

Pour rétrograder, on peut se dire qu'il suffit de couper les gaz, de débrayer, d'appuyer sur le sélecteur et de relâcher l'embrayage. Cependant, cette manœuvre va générer un bruit émanant de la boîte, dû au fait qu'on décrabote un pignon qui est en contrainte.

Pour éviter ce phénomène, il suffit de mettre un coup de gaz dès que l'embrayage est actionné et de synchroniser l'ensemble débrayage/coup de gaz/action sur le sélecteur puis de relâcher l'embrayage. De plus, ce coup de gaz rendra la conduite plus souple. En effet, lorsque l'on rétrograde pendant un freinage, le fait de couper les gaz fait tomber le régime moteur au ralenti. Lors du lâcher de l'embrayage, une fois le rapport inférieur passé, le moteur va accélérer son régime de rotation en engendrant un frein moteur important, qui se fera ensuite moins sentir lorsque le régime baissera à cause de la perte de vitesse. Mettre un coup de gaz permet au moteur d'être au bon régime lors du lâcher d'embrayage et évite cette sensation de moteur qui reprend ses tours avant de les reperdre.

Évitez les coups de casque avec un passager

On pense souvent qu'un passager qui ne peut tenir sa tête lors des changements de vitesses se tient mal, mais la faute incombe au conducteur. Lorsque la moto accélère, le passager se tient pour ne pas partir en arrière. Lorsque le conducteur coupe les gaz et débraye, la moto décélère, donc la force qu'utilisait le passager pour ne pas partir en arrière le pousse vers l'avant, entraînant un coup de casque donné au conducteur.

Pour éviter cela, et surtout pour rendre la conduite beaucoup plus confortable pour le passager, ne coupez pas brutalement les gaz en débrayant, mais soulagez l'accélérateur avant de débrayer pour stabiliser la vitesse et le régime moteur de manière à ce que la moto n'accélère plus mais ne décélère pas non plus. Cette action permettra au passager de relâcher son effort pour se tenir sans être projeté vers l'avant. Ensuite, passez normalement le rapport et temporisez de la même manière avant de remettre les gaz progressivement. Lorsque vous effectuerez la manœuvre correctement, le passager aura l'impression que la moto possède une boîte automatique et prendra beaucoup plus de plaisir en étant moins secoué.

Lire l'article Ooreka