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Le silencieux d'échappement (communément appelé "pot d'échappement" (ou simplement "pot") est la pièce d'équipement la plus fréquemment changée par les conducteurs de deux-roues moteur, qu'il s'agisse de motos ou de scooters.

"Mettre un pot" est devenu le principal moyen de personnaliser une machine, d'où l'importance de bien le choisir, en fonction des besoins et des moyens de chacun, mais aussi des exigences techniques liées à cette pièce.

Le point maintenant.

Définition et technique des silencieux de moto

Le silencieux de moto fait partie d'un ensemble plus vaste, la "ligne d'échappement", qui contribue directement à la bonne carburation du moteur. Il s'agit d'un ensemble de pièces particulièrement déterminant pour la performance et la longévité de votre machine.

Ligne d'échappement : un ensemble complexe

La ligne d'échappement est composée de nombreux éléments ou tronçons, qui commencent dès la sortie du moteur :

  • les tubes collecteurs d'échappement, qui recueillent les gaz imbrûlés, issus de la combustion incomplète du mélange air et carburant dans le(s) cylindre(s) du moteur, et qui en sortent sous haute pression et à très haute température ;
  • sur la plupart des machines récentes, un catalyseur (souvent appelé "filtre catalytique" ou "boîte à fumée"), vient se positionner entre le moteur et le silencieux, avec pour double mission de filtrer les particules fines et de compléter la combustion des gaz, afin de réduire la pollution atmosphérique ;
  • il s'accompagne le plus souvent, sur les moteurs à injection électronique, d'une ou plusieurs sonde(s) lambda, dont l'objectif est d'analyser la composition des gaz d'échappement pour adapter au mieux le mélange air et carburant dans le moteur ;
  • sur les motos soumises aux normes antipollution (Euro 3, 4, voire 5), on trouve généralement une valve à l'échappement, chargée d'améliorer la réponse moteur aux bas et moyens régimes.

Pièce finale avant la sortie des gaz d'échappement, le silencieux est lui-même composé de plusieurs éléments :

  • la cartouche elle-même ;
  • le revêtement intérieur ;
  • la chicane (appelée « dB killer »)…

Silencieux de moto : un large éventail de possibilités

Le choix d'une solution technique en matière d'échappement ne doit rien au hasard. La longueur et le diamètre des tubes collecteurs, leur dessin, leur parcours, l'emplacement du silencieux, sa longueur, sa composition, sa forme… tout concourt au bon écoulement des gaz d'échappement, à leur détente (réduction de la pression), à leur refroidissement,

La mécanique des fluides est une science complexe qui engendre de nombreuses solutions dans le domaine des échappements moto.

Nombre de cylindres

L'architecture moteur entraîne des conséquences directes sur la ligne d'échappement qui en est issue :

  • le nombre de cylindres dicte souvent le nombre de tubes collecteurs et le nombre de sorties, mais pas toujours ;
  • si un moteur monocylindre aura toujours un seul tube collecteur et généralement une seule sortie (quoique certains comportent 2 silencieux), les choses se compliquent à mesure que le nombre de cylindres augmente ;
  • les tubes collecteurs peuvent se diviser, se réunir, se diviser à nouveau… pour déboucher sur un, deux, trois, quatre, voire six sorties, au sein d'un ou deux ou trois silencieux !

Emplacement du silencieux

L'emplacement du silencieux n'est pas non plus anodin et répond à des besoins différents selon les motos :

  • solution la plus couramment adoptée, un silencieux en position basse donne une identité visuelle forte à la machine, ne freine pas le passage des gaz par des coudes et facilite le montage de bagages rigides ou souples ;
  • un silencieux en position haute, souvent présent sur les trails et enduros, est censé permettre de rouler dans les gués sans laisser l'eau entrer et fait du coup partie des codes visuels de cette catégorie de motos ;
  • perçus comme l'apanage des machines sportives, les pots dits "sous la selle" présentent l'avantage d'alléger visuellement la moto, mais empêchent l'usage de bagages souples et chauffent parfois exagérément les fesses des occupants ;
  • un silencieux en position centrale, "sous le moteur", participe à un meilleur centrage des masses et permet d'affiner l'arrière de la machine, mais il impose l'emploi d'une cartouche courte, souvent jugée disgracieuse.

Fixation du silencieux de moto

Les fixations du silencieux comptent également : en plus des attaches destinées à supporter son poids et à assurer la rigidité de l'ensemble de la ligne, le pot peut être relié de différentes façons au tube collecteur :

  • on distingue d'abord les pots raccordés directement au collecteur, dits "bolt on", au moyen d'une bride vissée et les pots raccordés par un manchon, dits "slip on" ;
  • le raccordement du manchon lui-même peut être riveté, collé, emboîté ou soudé, ce qui impacte sa facilité de montage/démontage/remplacement.

Silencieux de moto d'origine ou adaptable ?

Options possibles

Un premier choix évident sera d'opter pour le silencieux prévu (et vendu) par le constructeur, ou pour une pièce fabriquée par un spécialiste des échappements.

  • Le silencieux d'origine (dit "stock") présente l'avantage d'être conçu spécifiquement par le constructeur pour cette machine : c'est avec lui que celle-ci a été "réceptionnée" par les services techniques nationaux et homologuée. C'est lui qui assure en général la moindre pollution et la meilleure discrétion sonore. Mais il est souvent plus cher, esthétiquement plus banal et plus lourd qu'un adaptable.
  • Un silencieux issu d'un équipementier tiers (appelé "adaptable" ou "aftermarket") est presque toujours affiché à un prix et à un poids inférieurs à celui de la pièce d'origine. La grande variété des équipementiers permet également une offre assez large pour satisfaire les goûts esthétiques et sonores de chaque propriétaire.

Avantages et inconvénients de l'adaptable

Car tout n'est pas rose au pays des pots adaptables : "mettre un pot" modifie les performances de la machine, avec souvent une perte de puissance maximale, voire de couple, accompagnée d'une augmentation des émissions polluantes et de la consommation d'essence.

Ces inconvénients sont généralement corrigés, voire annulés, par un réglage de la carburation ou une mise à jour de la cartographie d'injection électronique, ce qui ne peut être effectué que par un professionnel ou par le biais d'un boîtier électronique programmable. Cela vient du coup alourdir la facture finale... réduisant ainsi l'avantage financier de l'adaptable.

L'avantage économique se trouve encore plus minime, voire nul, quand le propriétaire d'une machine veut en changer le silencieux dans une optique de gain de performances. Non seulement il lui faudra payer le réglage du moteur, mais le seul remplacement du pot ne permet pas de gagner en puissance, encore moins en couple. Il faudra en passer par le changement de la ligne complète d'échappement, bien plus coûteux et synonyme de perte d'homologation pour la route car cela modifie les caractéristiques de la machine.

De plus, l'usage d'un pot adaptable (surtout sans réglage moteur) peut entraîner des dommages mécaniques ou pénaliser la longévité du moteur. Et il ne faudra pas compter sur l'indulgence du concessionnaire qui sera fondé à refuser de prendre ces problèmes en charge au titre de la garantie, surtout si le client n'a pas effectué la pose ou le réglage du moteur chez lui…

Critères de choix d'un silencieux moto

Il existe de nombreux équipementiers d'échappements. Parmi les plus connus figurent Akrapovic, Yoshimura, Scorpion, Arrow, Ixil, Leo Vince, Mivv, Shark, Laser, Remus, Zark, Devil, Roadsitalia, Delkevic… Ils côtoient une myriade de spécialistes, moins connus, qui visent plutôt tel type de machine ou tel autre, met en avant telle ou telle solution technique.

Du moins cher au plus cher, on distingue ainsi les pots réalisés en acier, en inox, en aluminium, en titane et en carbone.

  • Un silencieux en acier constituera toujours la solution la plus économique, mais avec l'inconvénient d'un poids élevé et d'une grande sensibilité à la corrosion.
  • Le choix de l'inox offre en général le meilleur rapport qualité/prix, mais pour un poids proche de l'origine. Cela qui entraîne progressivement son remplacement par de l'aluminium poli.
  • Le titane, bien plus léger que l'acier, présente l'avantage d'une bonne tenue dans le temps, mais l'inconvénient de conduire la chaleur, ce qui le rend inadapté aux pots "sous la selle", par exemple.
  • Les silencieux en carbone sont les plus légers, mais les plus fragiles : l'enveloppe externe se dégrade sous le double effet des vibrations et de la chaleur, et doit être changée plus souvent.

Au final, le choix de la marque, de la forme et du matériau du silencieux entraîne (ou pas) un "coup de cœur " esthétique qui sera à mettre en balance avec les moyens financiers de chacun, car les prix commencent aux alentours des 100 € jusqu'à dépasser les 1 000 €.

Si le prix et le poids sont des critères aisément quantifiables, la forme, l'esthétique, l'identité visuelle constituent un premier critère subjectif. Encore peut-il être facilement jaugé sur photo, même à distance. En revanche, la sonorité d'un silencieux, c'est-à-dire l'intensité (en décibels) et la fréquence (en hertz) de ses émissions sonores, relève de l'appréciation de chacun, d'autant plus qu'elle varie en fonction des machines.

Pour faire son choix, il importe donc d'écouter le son produit par tel silencieux sur une moto précise. Jadis, cela imposait de trouver un motard propriétaire de la même moto et ayant effectué le même choix. De nos jours, le web et les plate-formes de diffusion vidéo ont grandement simplifié les choses : il suffit d'effectuer une recherche avec le modèle de moto et la référence du silencieux pour trouver en quelques secondes plusieurs vidéos qui donnent une idée du son rendu.

Silencieux de moto : risques de verbalisation

La modification du silencieux d'échappement est sans conteste l'opération mécanique qui ouvre la porte au plus grand risque de verbalisation par les forces de l'ordre.

L'utilisation sur la voie publique d'un pot non homologué tombe en effet sous le coup de trois articles du Code de la Route qui sanctionnent respectivement les nuisances sonores, les émissions polluantes et la modification des caractéristiques du véhicule.

Les infractions peuvent ainsi se cumuler (avec le risque de sanctions encore plus lourdes en cas de non respect de ces obligations) :

  • fortes amendes ;
  • immobilisation du véhicule ;
  • obligation de la faire vérifier par un service de contrôle ;
  • obligation de le remettre en état d'origine ;
  • obligation de présenter un certificat de conformité.

Une fois sélectionné le silencieux de vos rêves, reste à l'acheter. Une acquisition auprès d'un garage ou d'un magasin présente l'avantage de la rapidité, avec la facilité du montage et du service après-vente. Une transaction sur un site web marchand offrira généralement un meilleur prix, au détriment du service.

Pour en savoir plus :

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